Résumé:
Introduction : Le raisonnement clinique (RC) constitue une compétence centrale en physiothérapie, nécessitant un enseignement structuré dès la formation initiale. Objectif : Cet article a pour objectif de décrire l’évolution des concepts du RC et de son enseignement en formation initiale à Genève, afin de favoriser la communication entre enseignant·es et clinicien·nes. Il examine ensuite les besoins découlant du développement rapide de la physiothérapie, ainsi que les ressources pédagogiques susceptibles d’y répondre. Développement : Ce processus cognitif et réflexif s’est historiquement enrichi, passant de modèles biomédicaux à une approche intégrative et collaborative centrée sur la personne. Il repose sur la métacognition, la pensée critique et l’élaboration d’hypothèses ajustées au contexte. Trois composantes fondamentales soutiennent sa mise en oeuvre : les connaissances théoriques, les aptitudes cognitives et la réflexion sur ses propres processus. La compréhension de la pensée duale, articulation entre raisonnement intuitif et analytique, y joue un rôle clé, notamment pour prendre conscience et limiter l’impact des biais cognitifs. Au cours du XXIe siècle, l’enseignement du RC à Genève s’est progressivement structuré, en lien avec les recommandations internationales. Discussion : Composer avec l’incertitude, développer une posture réflexive et favoriser la sécurité clinique sont au coeur des enjeux éducatifs. L’évolution du champ professionnel, avec l’essor de l’accès direct et des pratiques avancées, exige des approches pédagogiques. Celles-ci doivent renforcer les compétences de triage, de prise de décision autonome et de gestion de l’incertitude, notamment par la simulation, l’usage d’un portfolio, ou les tests de concordance de script. Conclusion : La formation précoce au RC est essentielle pour préparer les futur·es physiothérapeutes à des pratiques complexes, collaboratives et évolutives.