Summary:
Au XVIIIᵉ siècle, accompagner un instrument à clavier par un violon est une pratique musicale courante. Bien que centrale historiquement, cette pratique est aujourd’hui négligée et oubliée. Le projet AcClaV s’est proposé de la redécouvrir.
À partir d’un répertoire de plus de 6 300 œuvres datées entre 1730 et 1800, réunies par Hervé Audéon, l’équipe de recherche a sélectionné des sonates et pièces représentatives de la variété des accompagnements et des genres musicaux.
Durant le projet, les étudiants violonistes et claviéristes, avec l’équipe de recherche, ont :
> étudié diverses sources (partitions, textes ou iconographies),
> expérimenté plusieurs placements du violoniste par rapport aux différents types de claviers (clavecin, piano-forté carré ou en forme de clavecin),
> développé des techniques particulières et notamment, pour les violonistes, l’art d'adoucir et de moduler le son pour arriver à se fondre dans celui des claviers,
> composé des accompagnements de violon à partir de pièces de clavier.
L’équipe a pu disposer d’une copie d'un piano-forté Stein de 1783. La redécouverte des possibilités expressives singulières de cet instrument a permis de mieux comprendre l'évolution des sonates avec violon de Mozart et de ses contemporains. Des arrangements d’œuvres orchestrales publiées à l’époque et témoignant aussi de cette pratique ont également été étudiés.
Le projet a mis au jour toute l’importance et l’expressivité qu’offrent cette pratique et ce répertoire. Les claviers de l'époque étant limités dans leur volume sonore, l'ajout du violon crée l'illusion d'une plus grande flexibilité des claviers, tandis que le mélange des timbres permet des effets orchestraux tout à fait uniques.
La pratique ainsi retrouvée, loin d’être marginale, s’est révélée précieuse dans ses enjeux à la fois historiques, esthétiques et artistiques.