Zusammenfassung:
La littérature actuelle traitant des enjeux propres au domaine de l’insertion
socioprofessionnelle démontre que la sélectivité d’entrée dans des mesures d’aide
sociale ainsi que l’activation standardisée de jeunes adultes en difficulté a pour effet de
(re)créer de l’exclusion. Il est normal de s’étonner de ce constat paradoxal sachant que
l’un des objectifs initiaux de ces dispositifs est d’inclure et de promouvoir la
participation sociale des publics fragilisés ou vulnérables, dans l’optique de réduire les
coûts liés au phénomène de « dépendance sociale ».
Cette recherche fait état des connaissances et ressources théoriques actuelles ayant un
impact sur la mise en pratique des mesures d’insertion socioprofessionnelle, le
cheminement des jeunes adultes en difficulté, l’origine de leurs difficultés ainsi que sur
la façon dont les conseillers·ères en insertion investissent leur rôle.
Par le biais d’entretiens menés avec des jeunes ainsi que des conseillers·ères en
insertion du programme « Avenir Jeunes » de la Fondation IPT dans les régions de
l’Arc jurassien et des cantons de Fribourg et du Valais en Suisse, cette recherche offre
un aperçu des difficultés rencontrées par les jeunes adultes engagé·e·s dans un premier
temps. Dans un second temps, le focus est orienté sur les stratégies d’accompagnement
mises en place par les professionnel·le·s afin de répondre aux besoins de cette
population.
Ce travail rend compte de la nature socioéducative de l’activité des conseillers·ères en
insertion. Il fait état des conditions permettant aux professionnel·le·s de mettre en place
un travail d’accompagnement sur mesure, réactif, adaptable, et flexible. Il met plus
précisément en évidence comment la création d’un lien de confiance entre les
conseillers·ères et les jeunes adultes en difficulté est un critère central de l’atteinte des
finalités de la mesure, à savoir, une (ré)insertion socioprofessionnelle réussie.
Finalement, cette recherche met en lumière les stratégies de réorientation et de passage
de relais vers d’autres professionnel·le·s qu’adoptent les conseillers·ères afin d’éviter
l’exclusion des jeunes adultes en difficultés n’ayant pas accès a? l’ensemble des
ressources offertes par la mesure, ni les capacités de les utiliser en vue d’atteindre les
finalités qu’elle fixe.